Sophie Rizet Qualité et Conseil | Les abeilles ne font pas le poids face au lobbying du sucre - Sophie Rizet Qualité et Conseil

Les abeilles ne font pas le poids face au lobbying du sucre

Qui aurait cru que le sucre serait un jour l’ennemi des abeilles?

A Mountain of Granulated Sugar on a Black Background – Pure, snowy white mountain of sugar on a black textured background with a soft mist of sugar granules falling on the top.

Oui je sais bien, en ces temps troubles, plus rien ne nous étonne! Mais nous pouvons cependant nous étonner que le retour des néonicotinoïdes soit directement lié à la production du sucre raffiné. La filière des betteraves sucrières avait déjà bénéficié d’une dérogation pour poursuivre l’utilisation de ces produits phytosanitaires interdits depuis le 1er septembre 2018. Arrivée à échéance en juillet 2020, cette dérogation est de nouveau débattue et un retour en arrière a été voté à l’assemblée nationale cette semaine malgré les impacts lourds de conséquence sur la population des abeilles, raison de son interdiction. Lire l’article du Monde :https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/05/l-usine-du-sucrier-cristal-union-a-erstein-en-alsace-est-en-sursis_6054796_3234.html

Je m’étonne quand même que l’avenir du sucre ne soit lié qu’à l’utilisation d’un produit phytosanitaire. Interrogeons-nous plutôt sur les bénéfices de la filière du sucre raffiné en dehors de ses aspects économiques!

“En France, la consommation de sucre raffiné est passée en un siècle de cinq kilos par an à trente kilos par an par personne ! Pourquoi ? Parce que nous commençons trop jeunes à consommer trop de sucre ajouté. Comme le ferait une drogue, le sucre crée une dépendance, tant au niveau physique, que psychique”. extrait de Santé magazine, article https://www.santemagazine.fr/alimentation/aliments-et-sante/alimentation-trop-riche-en-sucre-danger-170900

Pourquoi cette filière bénéfice-t-elle d’autant de soutien alors qu’elle est à l’origine de nombreux problèmes de santé? Pourquoi s’est-elle autant développée? L’Anses définit des programmes de lutte contre une alimentation trop sucrée et l’industrie du sucre veut poursuivre son développement avec l’aide de l’Etat. Cherchez l’erreur!!

Et pour finir, je suis particulièrement émue et en colère de voir que l’avenir de nos abeilles n’a pas plus d’impact que les cordistes décédés intervenant en prestation de sous-traitance pour un des plus gros producteurs de sucre raffiné. Tous sont oubliés, victimes d’une course effrénée à la productivité et à l’argent. Quand apprendrons-nous de nos erreurs? Ne paye-t-on pas déjà le prix fort de nos égarements? A quand une politique cohérente et bénéfique pour la population?

Bien sûr, vous vous dites que cette filière fournit des emplois et qu’il faut les préserver. Mais des filières alternatives existent et peuvent également fournir des emplois, être plus respectueuses de l’environnement. Quand aurons-nous donc une réflexion globale et le déploiement d’actions innovantes, de progrès, bénéfiques pour la santé de chacun et du vivant qui nous entoure?